Kemet, mon jardin des origines

Tout commence dans une tasse. Celles que me préparait ma grand-mère : du tilleul, de la verveine, toujours faits maison. C'est elle qui m'a appris que les plantes ne sont pas là que pour faire joli.
Puis il y a eu Bali, ses plantes, ses remèdes, et des Balinais qui m'ont transmis bien plus que des recettes. Mais ça, c'est une autre histoire…


Un livre au bon moment

Juste avant de partir en Égypte, je retrouve dans ma bibliothèque Par les chemins des Indes, de Katia Astafieff . Elle y suit le botaniste Victor Jacquemont, village après village. En le lisant, une évidence :

« Je me suis dit : mais j'adore les plantes. Il faut que j'assouvisse ce désir-là.»

Et si je peignais les plantes d'Égypte ? En cherchant, je découvre que les anciens Égyptiens appelaient leur pays Kemet, « la Terre noire », à cause du limon sombre que les crues du Nil déposaient sur les champs. Le nom de mon jardin était trouvé.



Quatre plantes, quatre histoires

Le nymphéa bleu. Le nymphéa du Nil, « pas le lotus rose qu'on connaît bien ». Il se refermele soir et s'ouvre au matin. Pour les Égyptiens, c'était le soleil qui renaît.

Le bleuet. On en a retrouvé dans les guirlandes funéraires de Toutânkhamon. Une véritable fleur détective, qui livre ses indices des millénaires plus tard.

La myrrhe. Rapportée du pays de Pount par une expédition de la reine Hatchepsout, avec des arbres à encens transportés vivants. Elle entrait dans le kyphi, l'encens sacré.

Le papyrus. Au Caire, je l'ai enfin touché. «J'étais surtout émerveillée de toucher et voir pour la première fois le papyrus en plante.» Avec un pincement : « Avant, ça grouillait de papyrus.»

Dans mes carnets, il y en a d'autres : l'acacia, le dattier, le figuier, le sycomore, le grenadier.

Un pinceau par feuille

Pour la première fois, je n'ai pas peint à la main. « Cet imprimé, je ne l'ai pas fait à la main, je l'ai fait directement sur Photoshop, avec plein de pinceaux différents. » Aquarelle, crayon, craie grasse, mélangés.« Chaque partie de la plante a son pinceau et sa couleur.» Le fond, je l'ai voulu vert profond, presque noir : le Deep Forest, comme la T erre noire du Nil.

« On peut décomposer une plante et utiliser chacune de ses parties pour soigner… Mais ça reste un être vivant, qu'il faut respecter.»

Si vous marchiez pieds nus dans ce jardin, j'aimerais que vous y trouviez «de l'émerveillement, de la curiosité, du respect pour ce qui nous entoure ».


Avec amour,
Brescia

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